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Domaine Garth
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Domaine Garth

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Réhabilitation complète de la maison et de la grange réalisée en 2015
En septembre 2014, la Ville annonçait l'obtention d'une importante subvention du ministère de la Culture pour la revitalisation complète de la maison et de la grange-étable du domaine Garth. Au total, plus de 2 millions de dollars seront investis dans ce joyau patrimonial.
Ces travaux majeurs nous permettent aujourd'hui d'en admirer l'architecture.

Pour la maison, ils consistaient à refaire la toiture de bardeaux de cèdre, réparer la galerie arrière en bois et étanchéifier les fondations. Pour la grange-étable, il fallait remplacer la toiture de bardeaux, réparer la charpente du toit et les ouvertures et remplacer le pontage en planches du plancher.

Cliquez ici pour télécharger le communiqué de presse du 18 septembre 2014
Cliquez ici pour télécharger le dossier spécial du Reflet de novembre 2015


Il était une fois, une vallée fertile
En 1760, d'ouest en est, entre Saint-Eustache et les débuts de la Seigneurie de Terrebonne, la berge nord de la rivière des Mille Îles s'étale sur une profondeur de vingt arpents, le long de ce qu'on appelle la Grande Côte Blainville. Sur ces terres, la rivière aux Chiens sillonne la vallée « avec mille détours sur une distance de plus de douze mille», selon les termes empruntés à un témoin de l'époque.

C'est là, au centre d'une région agricole en plein essor, qu'un dénommé Alpheus Kimpton va créer vers 1825 le domaine qui deviendra l'un des plus prospères de toute la région : Spring Valley Farm.

Sept arpents de terre
Alpheus Kimpton vient d'une vieille famille loyaliste installée dans les Cantons de l'Est depuis quelques générations. Quand il décide de s'établir plus au nord, il fait l'acquisition, à Sainte-Thérèse, de plusieurs terres d'une superficie de sept arpents de front sur quarante de profondeur.

Lui et son épouse Liletta Laney y font construire une imposante maison de pierres, puis se lancent tous les deux dans l'élevage et dans la production céréalière. Dès 1842, ils sont propriétaires de 560 arpents de terre, dont 201 sont cultivés. Ils possèdent aussi un moulin à scie, un autre à fouler, un moulin à carder et un à battre. Selon certaines sources, les Kimpton seraient même les premiers laitiers de Montréal.

Spring Valley Farm
Parmi leurs nombreuses propriétés, c'est Spring Valley Farm que les Kimpton choisissent pour domicile. Jusqu'en 1860, ils continueront de faire l'acquisition de terres à Sainte-Thérèse et dans les environs. C'est ainsi qu'ils deviendront les plus grands propriétaires terriens de toute la région.

Au fil des années, ils revendront certaines de leurs terres et transmettront les autres à leurs enfants…avec une maison de pierres sur chacune d'elles.

Spring Valley Farm, la propriété principale, compte le plus grand nombre de bâtiments. Selon le recensement de 1864, on y retrouve des granges, des écuries, des étables et autres dépendances.

Maison Garth

Le Domaine Garth
En 1879, Agnes Paterson, veuve de Walter Kimpton, vend tous ses bâtiments ainsi que les terres à Mary Ann Holmes, épouse de Charles Garth. C'est ainsi que Spring Valley Farm devient le Domaine Garth. Au cours du XXe siècle, Charles Garth et son fils Albert vont apporter différentes modifications au domaine. Ils y feront construire d'autres bâtiments tels des maisons de bois pour les ouvriers de la ferme et pour les amis qui viendront y passer les vacances d'été.

À travers ces changements, les Garth restent fidèles à la vocation du domaine, fidèles à la terre et à ses dons. Ils se spécialiseront dans la culture maraîchère, avec un intérêt tout particulier pour la pomme de terre. Ils produisent aussi des céréales dont le blé, l'orge, le seigle et surtout l'avoine et font l'élevage de vaches laitières, de chevaux, de volailles et de cochons.

Une terre… un jardin
Devenu propriétaire en 1891, Albert Garth aménage un jardin en s'inspirant du courant naturaliste. Très populaire à l'époque victorienne, ce courant compose avec la nature telle qu'elle se présente et minimise l'apport d'éléments extérieurs. D'où ce grand parc avec ses sentiers, ses murets, ses sous-bois et son marais. Vers 1950, son fils David fait construire une fontaine avec bassin, à l'arrière de la résidence. Mais l'aménagement prévu ne sera jamais totalement terminé puisque David décède en 1957, cédant le domaine à la Canada Permanent Toronto General Trust Company qui le vendra par la suite à des promoteurs.

De l'architecture à l'histoire
La Maison Garth. En cette fin du XXe siècle, certains édifices du domaine sont encore debout, mais d'autres ont été démolis ou ne sont plus qu'en état de vestiges archéologiques.

Parmi toutes ces constructions, la Maison Garth apparaît toujours droite et solide. Cet édifice présente une valeur architecturale indéniable : dimensions supérieures à la moyenne, luxe des matériaux utilisés, décor architectural classique et soigné, qualité de l'intégration de l'adjonction latérale au corps principal.

La Maison compte onze pièces réparties sur quatre niveaux. Au sous-sol, on retrouve la laiterie et la cuisine. C'est ici que se raconte l'histoire du domaine et de ses nombreux occupants. Au rez-de-chaussée, le salon et la salle à manger abritent désormais la mairie de Lorraine ainsi que la salle du conseil municipal. À l'étage, les chambres sont surtout utilisées lors de manifestations culturelles comme des expositions, des vernissages, des journées de la culture, des tournages de films. Un peu plus haut, les combles inoccupés attendent peut-être le jour où ils pourront révéler certains secrets de la petite histoire du domaine.

La grange-étable
La grande richesse du Domaine Garth ne se limite pas à la résidence principale : la grange étable constitue, elle aussi, un foyer d'intérêt tout à fait particulier. Construite en plusieurs phases, la grange de pierre forme un rectangle allongé de 47 mètres sur 9, avec toit à deux versants. Le bâtiment s'élève sur trois étages : d'abord le sous-sol qui occupe la moitié sud de la superficie de l'édifice, puis le rez-de-chaussée, divisé en cinq sections et finalement, l'étage des combles, qui est complètement ouvert. Au cours des années, la grange étable a servi à plusieurs usages : c'est ici que l'on retrouvait la laiterie beurrerie, qu'on entreposait les produits de la ferme et qu'on logeait les animaux.